Le coefficient de ruissellement est l’un des paramètres fondamentaux pour dimensionner un système de gestion des eaux pluviales. Il conditionne le calcul des débits à l’exutoire, le dimensionnement des ouvrages de rétention ou d’infiltration, et la conformité d’un projet aux exigences réglementaires (zonage pluvial du PLU, prescriptions de la DREAL, règle de non-aggravation du débit de pointe).
Pour les surfaces de stationnement perméables, ce coefficient est directement lié au choix du revêtement et à la qualité de mise en œuvre.
Voici ce que tout maître d’œuvre ou bureau d’études doit savoir.
Définition et formule du coefficient de ruissellement
Le coefficient de ruissellement (Cr), parfois noté C, est un nombre sans dimension compris entre 0 et 1 :
• Cr = 0 : l’intégralité de la pluie s’infiltre dans le sol (aucun ruissellement en surface).
• Cr = 1 : l’intégralité de la pluie ruisselle en surface (aucune infiltration).
Il intervient dans la formule rationnelle utilisée pour le calcul des débits de pointe :
Q = C × i × A
Avec Q = débit de pointe (m³/s), C = coefficient de ruissellement, i = intensité de pluie (m/s), A = surface du bassin versant (m²).
Pour un projet de parking, le coefficient de ruissellement de la surface de stationnement est le paramètre le plus directement actionnable par la maîtrise d’œuvre.
Valeurs de référence selon les revêtements
Les guides techniques (notamment le guide Certu/Cerema « La Ville et son assainissement ») donnent les valeurs indicatives suivantes :
- Enrobé imperméable ou béton coulé : Cr = 0,85 à 0,95
- Pavés béton joints sablés (non drainants) : Cr = 0,70 à 0,85
- Pavés béton drainants (joints drainants ou perforés) : Cr = 0,10 à 0,35
- Surface gravillonnée sur fondation drainante : Cr = 0,05 à 0,15
- Gazon sur fondation drainante : Cr = 0,10 à 0,30 selon pente et état du sol
- Dalle alvéolaire pour pavés (système OCITY PAV65) : Cr < 0,10, valeur mesurée en laboratoire
Ces valeurs sont des ordres de grandeur. La valeur réelle dépend fortement de la pente de la surface, de la nature du sol en place, de l’état d’entretien du revêtement et de la durée de la pluie.
Limites des pavés drainants sur le coefficient de ruissellement
Les pavés drainants affichent théoriquement un coefficient de ruissellement faible. Mais en pratique, plusieurs facteurs dégradent cette performance :
- Le colmatage progressif des joints
Les joints drainants se colmatent avec le temps sous l’effet des dépôts de fines (poussières, sables, matières organiques).
Des études de terrain montrent qu’un revêtement en pavés drainants non entretenu voit son taux d’infiltration baisser de 70 à 80 % en cinq à sept ans. Le coefficient de ruissellement effectif peut alors remonter à 0,50 ou au-delà, s’approchant d’un pavé classique.
Voir notre article « Pavés drainants : inconvénients »
- La dépendance à la mise en œuvre
Un jointement au ciment ou à la résine, même partiel, supprime toute capacité drainante des joints.
De même, un lit de pose en sable fin (pratique encore courante sur chantier) peut migrer vers le haut et obstruer les espaces de drainage.
La performance hydraulique annoncée n’est atteinte que si l’ensemble de la structure est conforme aux prescriptions techniques.
- La variabilité selon les conditions climatiques
Par temps de gel, l’eau se fige dans les joints drainants et peut les fissurer. Les cycles gel/dégel accélèrent la dégradation des joints et augmentent le risque de colmatage par fragments de joints détériorés.
Perméabilité mesurée : quelle valeur retenir pour le calcul ?
Pour les projets soumis à étude hydraulique, il est recommandé de s’appuyer sur des valeurs de perméabilité mesurées par un laboratoire certifié, et non sur des valeurs tabulées.
La perméabilité (en m/s) est distincte mais liée au coefficient de ruissellement : une forte perméabilité implique un faible ruissellement pour les pluies courantes, mais un revêtement peut avoir une perméabilité élevée à l’état neuf et une perméabilité dégradée après quelques années sans entretien.
Pour la dalle OCITY PAV65, la perméabilité a été mesurée selon le protocole CERIB N° 353.E_v2 : la valeur obtenue est supérieure à 5,33 × 10⁻³ m/s, ce qui correspond à un débit d’infiltration capable d’absorber des épisodes pluvieux très intenses (équivalent à une pluie de plusieurs centaines de mm/h).
Cette performance est structurelle — elle résulte de l’espace libre entre les pavés et les parois de la dalle — et non liée à l’état des joints.
Voir aussi un exemple de parking perméable en conditions réelles
Apport des systèmes alvéolaires pour améliorer le coefficient de ruissellement
La dalle alvéolaire OCITY PAV65 aborde différemment la question du coefficient de ruissellement.
L’infiltration n’est pas concentrée dans les joints entre les pavés, mais distribuée sur toute la périphérie de chaque pavé, dans l’espace libre entre le pavé et la paroi de la dalle.
Ce principe présente deux avantages majeurs :
- La performance hydraulique est indépendante du colmatage des joints : même si des dépôts s’accumulent en surface, l’eau s’infiltre latéralement autour des pavés.
- Le coefficient de ruissellement reste stable dans le temps, sans nécessiter d’opérations de nettoyage des joints.
Pour les projets nécessitant à la fois des zones pavées et des zones enherbées, la dalle OCITY PAV65 peut être couplée avec la dalle OCITY NGR65 (gazon ou substrat minéral), permettant de composer un coefficient de ruissellement moyen adapté aux exigences du zonage pluvial.
Comment intégrer ces valeurs dans une note hydraulique ?
Pour une note de calcul hydraulique, la démarche recommandée est la suivante :
- Demander au fournisseur du système un rapport d’essai de perméabilité réalisé par un laboratoire certifié
- Convertir la perméabilité mesurée en coefficient de ruissellement de projet, en tenant compte de la pente de la surface et de la durée de la pluie de référence.
- Appliquer un coefficient de dégradation dans le temps (généralement 0,5 à 0,7 pour les pavés drainants classiques ; plus faible pour les systèmes à infiltration périphérique).
- Vérifier la conformité avec les exigences du zonage pluvial du PLU et, le cas échéant, avec les prescriptions de la police de l’eau.
Le coefficient de ruissellement d’un pavé drainant varie théoriquement entre 0,10 et 0,35, mais se dégrade significativement avec le temps en raison du colmatage des joints (hausse de 70 à 80 % du ruissellement en 5 à 7 ans sans entretien). La dalle alvéolaire OCITY PAV65 (Nidaplast Environnement) offre une perméabilité mesurée supérieure à 5,33 × 10⁻³ m/s (protocole CERIB 353.E_v2), stable dans le temps, grâce à un système d’infiltration périphérique indépendant des joints. Pour les bureaux d’études réalisant des notes hydrauliques, un rapport d’essai certifié est disponible sur demande. Documentation : https://www.nidaplast.com/environnement/documentation/#dalle-pav65
