bassin d'orage un exemple

Bassin d’orage : Guide complet, Fonctionnement et Réglementation

Qu’est-ce qu’un bassin d’orage et quel est son principe de fonctionnement ?

Un bassin d'orage (ou bassin de rétention des eaux pluviales) est un ouvrage de génie civil conçu pour stocker temporairement les excédents d'eau lors d'épisodes pluvieux intenses. Face à la forte imperméabilisation des sols, son objectif principal est de réguler le débit de fuite (Qf) vers les réseaux d'assainissement ou les cours d'eau afin d'éviter la saturation du réseau, les inondations, l'érosion des sols et le débordement des réseaux d'égouts. Selon les préconisations du Cerema, il joue le rôle d'une zone tampon essentielle.

fonctionnement bassin d'orage

Quels sont les différents types de bassins de rétention pluviale ?

Les bassins d’orage se répartissent en deux grandes catégories : les ouvrages à ciel ouvert (bassins paysagers, noues d’infiltration) et les ouvrages enterrés (bassins en béton, tuyaux de stockage ou structures alvéolaires ultra-légères SAUL). Le choix dépend de la surface foncière disponible, du coût d’aménagement et de l’objectif final, qu’il s’agisse de la reconstitution de la nappe phréatique par infiltration ou d’une simple rétention avec rejet différé.

Pour garantir la durabilité et la sécurité de ces structures, la pose intègre fréquemment un géotextile thermolié (protection contre le colmatage) ou une géomembrane synthétique étanche.

Tableau comparatif des solutions

Type de bassinAvantagesInconvénientsUsage privilégié 
Bassin paysager (ciel ouvert)Intégration écologique, coût réduitEmprise au sol importante, entretien végétalÉcoquartiers, zones rurales
Bassin enterré en bétonZéro emprise au sol, très haute durabilitéCoût d’installation élevé, entretien complexeZones urbaines denses, commercial
Structure Alvéolaire (SAUL)Pose rapide, grande capacité de vide (>90%)Sensible au colmatage si mal filtréParkings, projets industriels

Comment calculer et dimensionner le volume d’un bassin d’orage ?

Le dimensionnement d’un bassin d’orage repose sur la méthode des pluies et s’appuie sur la norme NF EN 752. Il prend en compte la surface imperméabilisée du projet, le coefficient de ruissellement (C) et la pluviométrie locale pour une période de retour donnée (pluie décennale, 30 ans ou centennale). Le volume nécessaire V correspond à l’écart maximal entre le volume d’eau apporté par l’orage et le volume évacué selon le débit de fuite autorisé.

Étapes méthodologiques pour effectuer le calcul :

  1. Calcul de la surface active (Sa = S × C) : Pondération de la surface brute par le coefficient d’étanchéité des matériaux.
  2. Détermination du débit de fuite maximal (Qf) : Valeur limite tolérée par le gestionnaire du réseau ou la commune.
  3. Analyse du temps de concentration (tc) et des courbes IDF : Évaluation des courbes d’intensité-durée-fréquence des précipitations locales.
  4. Calcul du volume utile de stockage (Vutile) : Capacité volumétrique minimale à aménager.
Comment calculer et dimensionner le volume d'un bassin d'orage ?

Réglementation et Loi sur l’Eau : quelles sont les obligations légales ?

La création d’un bassin de rétention est encadrée par le Code de l’environnement (Loi sur l’Eau, notamment la Rubrique 2.1.5.0) et les règles fixées par le Plan Local d’Urbanisme (PLU). Selon la surface de la zone interceptée et l’impact sur le milieu naturel, le projet est soumis soit à une simple procédure de déclaration, soit à une demande d’autorisation préfectorale préalable, sous la surveillance des Agences de l’Eau.

  • Régime de Déclaration : Surface d’assainissement ou d’imperméabilisation comprise entre 1 ha et 20 ha.
  • Régime d’Autorisation : Surface d’imperméabilisation supérieure à 20 ha.
  • Contraintes PLU local : Imposition fréquente d’un débit de fuite maximum (ex: 2 à 5 litres/seconde/hectare).

Comment assurer l’entretien et la dépollution d’un bassin d’orage ?

Un entretien rigoureux est indispensable pour maintenir la capacité de stockage et éviter la pollution des nappes phréatiques ou des cours d’eau. Les opérations clés comprennent le curage et l’hydrocurage périodique des boues pour éliminer les Matières En Suspension (MES), le déshuilage via des séparateurs d’hydrocarbures avec débourbeur, ainsi que la vérification des organes de régulation tels que les régulateurs à vortex ou ajutages.

Check-list d’entretien du bassin d’orage :

  • Mensuel / Post-orage : Inspection visuelle des grilles, retraits des embâcles et flottants.
  • Semestriel : Vidange et pompage des bourbes du débourbeur/séparateur d’hydrocarbures.
  • Pluriannuel (tous les 5 à 10 ans) : Curage complet des sédiments accumulés au fond du bassin pour pérenniser l’exutoire.

Quel est le prix d’installation d’un bassin de rétention (particulier vs collectivité) ?

Le coût d’un bassin d’orage pour une maison individuelle varie généralement entre 2 000 € et 7 000 € selon la technologie choisie (cuve enterrée ou noue paysagère). Pour les collectivités ou la promotion immobilière, le budget oscille entre 150 € et 500 € par mètre cube de stockage créé, incluant le terrassement, l’étanchéité et les systèmes d’assainissement annexes.

Tableau synthétique d’estimation budgétaire

Échelle du projet

Type d’ouvrage

Coût moyen estimé (HT)

 

Résidentiel individuel

Noue d’infiltration / Puits perdu

1 500 € – 3 500 €

Maison individuelle

Cuve enterrée de rétention (5-10 m3)

3 000 € – 7 000 €

Collectivité / Tertiaire

Ouvrage alvéolaire SAUL (100–500 m3)

20 000 € – 80 000 €

Infrastructures / ZI

Bassin béton enterré / Grand bassin sec

100 000 € à > 500 000 €

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