Differents types de remblais : comment bien choisir ses matériaux ?

Vous avez un projet de terrassement, d’infrastructure routière, de construction de bâtiment ou d’aménagement paysager ?

Le choix du matériau de comblement est une étape technique et financière décisive pour garantir la stabilité, la sécurité et la pérennité de vos ouvrages.
Que ce soit pour combler une tranchée profonde, créer une plateforme de chaussée ou niveler un terrain naturel, il est indispensable de connaître les différents types de remblais.

Mais comment s’y retrouver parmi les graves, les sables, la terre excavée ou encore les remblais allégés ?

Quelles sont les normes géotechniques à respecter pour éviter les affaissements de terrain et les désordres structurels à long terme ?

Découvrez notre guide complet et détaillé pour faire le bon choix selon les contraintes de votre chantier.

Quel est le rôle exact d’un remblai dans un projet d’aménagement ?

Un remblai consiste à rapporter des matériaux sur un terrain existant afin de modifier son relief, de combler une cavité (comme une ancienne carrière ou une fouille de fondation) ou de créer une base d’assise solide pour supporter des charges lourdes (bâtiments, voiries, parkings).

La qualité du matériau choisi détermine plusieurs facteurs critiques :

  • La portance mécanique : sa capacité à soutenir le poids des infrastructures sans se déformer.
  • La fonction hydraulique : sa perméabilité, essentielle pour assurer un bon drainage des eaux pluviales et éviter la stagnation.
  • La résistance au gel : un mauvais remblai gorgé d’eau peut gonfler sous l’effet du gel et soulever les structures sus-jacentes.
 

Utiliser un matériau inadapté ou négliger la phase de compactage peut entraîner des dommages importants : tassements, fissuration des dallages, déformation des chaussées, parfois plusieurs années après la réception.

différents types de remblais

Les différents types de remblais : quelles catégories de matériaux ?

Il existe une grande variété de matériaux de remblaiement, chacun possédant des propriétés mécaniques, physiques et hydrauliques spécifiques. Le Guide des terrassements routiers (GTR) et la norme NF P 11-300 les classent en six classes : A (sols fins), B (sols sableux et graveleux avec fines), C (sols comportant des fines et de gros éléments), D (sols insensibles à l’eau), R (matériaux rocheux) et F (sols organiques et sous-produits industriels).

On peut les regrouper en trois grandes familles.

Les remblais naturels (terre, sables et graviers)

Extraits directement de carrières ou récupérés lors des terrassements du chantier (déblais réutilisés), ce sont les matériaux les plus courants et souvent les plus économiques.

  • La terre de remblai : sols fins de classe A, ou sableux et graveleux avec fines de classe B) : Souvent issue des fouilles du chantier, elle est très économique mais particulièrement sensible aux intempéries et à l’eau. Elle est idéale pour le modelage paysager et les espaces verts. Sous un dallage ou une chaussée, son réemploi dépend de son état hydrique et, si besoin, d’un traitement (chaux, liant hydraulique), à valider par l’étude géotechnique.
  • Le sable et le gravier : peu sensibles à l’eau, drainants et faciles à compacter, ils sont parfaits pour enrober des canalisations, créer un lit de pose stable ou assurer le drainage périphérique d’un mur de fondation.

Les remblais artificiels ou recyclés (béton concassé, mâchefer, GNT)

Issus de la valorisation des déchets du BTP et de l’industrie, ces matériaux s’inscrivent pleinement dans une démarche d’économie circulaire, fortement encouragée par la réglementation environnementale.

  • Le béton et les gravats concassés : Une fois triés et débarrassés de leurs impuretés (ferrailles, plastiques, plâtre), ces matériaux recyclés offrent une excellente portance. Ils sont très utilisés pour les sous-couches routières ou les couches de forme et plateformes.
  • Les graves non traitées (GNT) : Mélange savamment dosé de sables et de graviers concassés, elles sont calibrées en carrière pour offrir une compacité maximale après compactage mécanique.
  • Les mâchefers d’incinération (MIDND) : valorisables en technique routière dans les conditions fixées par l’arrêté du 18 novembre 2011, avec des exclusions, notamment à proximité des cours d’eau et en zone inondable.
remblai artificiel

Les remblais allégés (blocs alvéolaires, polystyrène, argile expansée)

Lorsque le sol d’assise d’origine est de très mauvaise qualité (sol compressible, vase, tourbe) ou qu’il s’agit de limiter drastiquement les surcharges sur une structure existante (toiture-terrasse, parking souterrain, mur de soutènement, culée de pont), le recours à un remblai allégé devient incontournable.

Les blocs alvéolaires Nidaplast RA, en nid d’abeille de polypropylène extrudé (60 % de matière recyclée) revêtu d’un non-tissé sur chaque face, représentent une solution géotechnique de pointe. Ils permettent de surélever un terrain sans ajouter de poids significatif (35 à 45 kg/m³ selon la classe RA 400, RA 500 ou RA 600 contre près de 2 tonnes/m³ pour un remblai classique), ce qui limite fortement les tassements sur sol compressible.

Nidaplast RA

Nidaplast RA

Les remblais allégés Nidaplast RA sont ultra légers et résistants. Ces structures alvéolaires sont la solution recommandée pour la réalisation d’un remblai paysager, d’un remblai routier ou d’un remblai en bâtiment.

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Récapitulatif des différents éléments de remblai

Valeurs indicatives : la masse volumique réelle dépend du matériau, de sa teneur en eau et du compactage.

Élément de remblai

Densité moyenne constatée

Fonction technique & usage idéal sur chantier

Terre de remblai

1,7 à 2,0 t/m³ (compactée)

Modelage paysager, comblement de trous sans contraintes

Sable et gravier roulé

1,8 à 2,1 t/m³ (compacté)

Drainage périphérique, lit de pose pour réseaux enterrés

Béton / Gravats concassés

1,9 à 2,2 t/m³ (compactés)

Sous-couche de voirie lourde, assise de parking, fondations

Blocs alvéolaires Nidaplast

0,035 à 0,045 t/m³

Remblai sur sol compressible, remblai paysager sur dalle ou toiture-terrasse, ouvrage d’art, zone humide

Remblaiement sous voirie ou sur ouvrage : quel matériau privilégier ?

Les implantations sous voirie lourde nécessitent impérativement des matériaux à très forte portance comme les graves concassées, mises en œuvre selon le GTR. Autour d’un ouvrage enterré (cuve, regard, bassin), on utilise généralement un matériau granulaire sans fines, mis en place symétriquement par couches ; les prescriptions du fabricant de l’ouvrage priment.

Sur sol compressible, un remblai allégé limite les tassements et les risques de glissement.

Compactage et portance : quelles sont les règles de mise en œuvre ?

Le succès géotechnique d’un remblai ne réside pas seulement dans le choix du bon matériau, mais tout autant dans sa méthode de mise en œuvre. Le compactage, qui permet de chasser l’air interstitiel entre les granulats et d’augmenter la densité, doit être réalisé méthodiquement par couches successives (dont l’épaisseur dépend du matériau et de l’engin, selon les tables du GTR) à l’aide d’une pilonneuse ou d’un rouleau compacteur lourd. La teneur en eau doit rester proche de l’optimum Proctor (NF P 94-093).

Avec des blocs allégés comme Nidaplast RA, la logique est différente : les blocs sont posés et non compactés ; seul le recouvrement est compacté selon la prescription du projet.

Sources réglementaires & textes officiels (normes françaises)

La mise en œuvre et le choix des différents types de remblais sont encadrés par les normes et guides techniques suivants :

  • GTR (Guide des Terrassements Routiers) / Norme NF P 11-300 : C’est la bible du terrassier. Elle classifie les sols et les matériaux de remblais (Classes A, B, C, D, R, F) selon leur nature, leur granularité, leur plasticité et leur comportement face à l’eau.
  • Norme NF P 98-331 : Définit les règles strictes de remblayage des tranchées et de réfection des chaussées.
  • DTU 12 (Travaux de terrassement pour le bâtiment) : Fixe les règles de l’art obligatoires pour la préparation des sols, les déblais et la création de remblais sous dallage.
  • NF P 94-093 (essai Proctor) ; NF P 94-117-1 (essai à la plaque) ; arrêté du 18 novembre 2011 (mâchefers en technique routière)

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